Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 19:00

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Chaque jour le bruit nous fatigue un peu plus, nous rend plus irritables, un peu plus sourds. Nos oreilles n’en peuvent plus de subir les décibels. Les experts de la santé annoncent un XXIe siècle où l’on aura beaucoup de mal à s’entendre. Mais les pouvoirs publics font la sourde oreille.

 

Cela s’est passé le 21 septembre dernier dans les salons de l’hôtel de Lassay, à Paris. Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, et Éric Diard, député des Bouches-du-Rhône et président du Conseil national du bruit, ont remis les trophées de la 14e édition du concours national le Décibel d’or. Ce concours récompense chaque année les initiatives les plus remarquables en matière d’amélioration de l’environnement sonore. Parmi les quatorze lauréats, quatre ont tiré leurs décibels du jeu. L’agglomération d’Aix a été récompensée pour avoir réussi à cartographier le bruit sur l’ensemble de ses 35 communes. La ville de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et la chambre de commerce et d’industrie de Paris Hauts-de-Seine ont séduit le jury avec leur guide « Comment lutter contre le bruit ? » Enfin, sur un plan plus technologique, le jury a retenu la société Tecumseh Europe pour ses réfrigérateurs de 7 à 12 dB plus silencieux que les modèles classiques et la société Acousystem pour son dispositif à base de caoutchouc recyclé qui fixe et isole les rails de tramway. Joli palmarès. Et belle démonstration : les empêcheurs de faire du bruit sortent enfin de leur silence.

Dormir sur ses deux oreilles ? Faut pas rêver !

Il serait temps car le bruit n’en finit plus de nous casser les oreilles. Selon l’INSEE, « le bruit est considéré par la population française comme une atteinte à la qualité de vie ». Il est la première nuisance à domicile déclarée par 54 % des personnes, résidant dans des villes de plus de 50 000 habitants. « Les nuisances sonores sont dénoncées par une large majorité de Français comme la première gêne à laquelle ils sont confrontés dans leur vie quotidienne », confirme l’ADEME. La plus grande partie de ces nuisances provient du redoutable trio transport routier, transport ferroviaire, transport aérien, et en majorité de la route. Il y aurait ainsi dans notre beau pays quelque 350 000 logements proches de voies de transport terrestre, exposés à un niveau préoccupant d’émissions sonores. C’est ce que confirment les dernières études. Les experts ont recensé en France près de 3 000 points noirs de bruit liés aux transports terrestres, c’est-à-dire des zones bâties où l’on ne s’entend plus et où le niveau sonore excède les 70 décibels. Parmi ces 3 000 sites, 800 sont considérés comme des super points noirs. La gêne y est alors forte le jour et très forte la nuit jusqu’à affecter le sommeil des habitants. Un vrai cauchemar pour les riverains. Mais ailleurs, la vie n’est pas toujours silencieuse : « Le bruit produit par certaines activités économiques, industrielles ou de loisirs, de même que les bruits de comportements, communément appelés bruits de voisinage, sont également très gênants pour de nombreux citoyens », rappelle l’ADEME. Bref, que ce soit à cause des autoroutes, des couloirs aériens ou de voisins peu scrupuleux, le bruit nous gâche la vie. Et nous rend chaque jour un peu plus sourds.

 

Cris et tintamarre, un vacarme assourdissant

Comment le bruit rend-il sourd ? Le bruit parvient à nos oreilles par le pavillon. Celui-ci le capte et le transmet par le tympan puis les osselets aux liquides de l’oreille interne. Là se trouvent les fameuses cellules ciliées (elles sont dotées de cils sensibles aux vibrations sonores et on en compte 15 500 réparties en deux familles : les cellules ciliées externes (CCE), qui permettent de distinguer les fréquences et d’amplifier l’intensité sonore, et les cellules ciliées internes (CCI) qui transmettent l’information au cerveau sous la forme d’un message électrique). Ces cellules ciliées réceptionnent le bruit et transmettent l’information au cerveau. Le cerveau interprète alors l’information et déclenche un tas de réactions possibles : sursaut, plaisir, douleur…

Toute cette machine bien huilée doit être chouchoutée. Car les cellules ciliées sont incapables de se renouveler. Elles disparaissent progressivement avec l’âge mais elles peuvent aussi mourir prématurément. Une exposition répétée au bruit les fragilise et un choc sonore violent peut les détruire. « Le risque de fatigue auditive ou de surdité croît avec l’intensité », précisent les experts de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) dans leur rapport « Impacts sanitaires du bruit ». « Il existe une limite au-dessous de laquelle aucune fatigue mécanique n’apparaît. Dans ces conditions, l’oreille peut supporter un nombre quasi infini de sollicitations. Ainsi, les expositions de longue durée à des niveaux sonores inférieurs à 80 décibels n’induisent pas de lésions. Entre 80 dB et 120, le son peut procurer une sensation désagréable, voire douloureuse. Au-delà de 120 dB les tympans ainsi que les structures ciliaires de l’oreille interne peuvent subir des lésions importantes. Des ruptures ciliaires apparaissent dès que l’on dépasse les 130 dB. »

Pour ces mêmes spécialistes, tous les bruits ne font pas les mêmes dégâts. Les bruits de fréquences élevées (les aigus) sont, à intensité égale, plus nocifs que les bruits graves. Un son pur de forte intensité est plus traumatisant pour l’oreille interne qu’un bruit à large spectre. Un bruit impulsionnel ayant un caractère soudain et imprévisible (un coup de feu, une explosion) est plus nocif qu’un bruit continu de même énergie. Les dommages dépendent également de la durée d’exposition. « Pour une même ambiance sonore, plus la durée d’exposition est longue, plus les lésions auditives de l’oreille interne seront importantes. La succession des expositions professionnelle et extraprofessionnelle (discothèques, concerts, baladeurs…) augmente la durée d’exposition, donc le risque de lésions auditives. »

Enfin, les experts rappellent que la vulnérabilité individuelle joue aussi son rôle dans l’altération de l’audition. Selon eux, l’âge, les antécédents d’infections de la sphère ORL, de traumatisme crânien, certains troubles métaboliques ou de la tension artérielle peuvent potentialiser l’effet délétère du bruit.

Des voix s’élèvent pour briser le mur du son

C’est grave, Docteur ? Jugez-en. L’ADEME estime que le bruit est responsable de 11 % des accidents du travail, de 15 % des journées de travail perdues, de 20 % des internements psychiatriques. Chez les 15/19 ans 35 % souffrent déjà de problèmes auditifs… On n’est pas loin de la crise sanitaire. Et pourtant les chiffres ne font pas grand bruit. Pourquoi ? Parce que pendant longtemps, personne n’était là pour les entendre. Heureusement, depuis quelques années, le bruit entre dans le rang des préoccupations environnementales. Il existe depuis 1992 une loi sur le sujet qui fixe des normes à respecter, instaure des mesures de protection des riverains, renforce la surveillance et les sanctions (même si ces dernières, dans les faits, restent marginales). Aussi, depuis 2002, le Parlement européen oblige les grandes agglomérations à réaliser des cartes du bruit et à prendre des mesures pour le réduire. Depuis le 6 octobre 2003, la France possède également son plan d’action national contre le bruit pour lutter contre la nuisance au quotidien, imposer des normes d’isolation aux logements et préparer l’avenir en soutenant la recherche et l’innovation dans le secteur.

Enfin, plus récemment, le Grenelle de l’environnement a également planché sur le sujet et proposé des pistes d’actions : renforcer la qualité acoustique des bâtiments, sensibiliser les enfants, créer un observatoire du bruit dans les grandes villes…

Légiférer, c’est bien mais ce n’est pas suffisant car toutes ces mesures ont bien du mal à passer de la théorie à la réalité. « Je travaille depuis quarante ans sur le thème du bruit, explique Alain Muzet, et je n’ai pas noté d’amélioration tangible. Les gens continuent à se plaindre massivement du bruit. Cela vient sans doute de la difficulté à évaluer cette pollution. Le bruit est une nuisance locale, à 200 mètres de la zone concernée, on n’entend plus rien. Elle se propage très peu et elle est instantanée. Lorsque le bruit cesse, il n’y a plus de pollution. Il faudrait que les décideurs passent plusieurs jours sur le lieu d’exposition. Or si vous n’avez pas ce type d’expérience, la représentation de la nuisance est tronquée. » C’est peut-être cela le grand malheur du bruit : il n’arrive pas à se faire entendre…

• Acouphènes, hypoacousie… késaco ?

À force d’être exposées au bruit, nos oreilles y laissent des cils. Résultat ? Une liste de répercussions auditives de plus en plus longue. Dans l’ordre croissant des réjouissances : la fatigue auditive, l’hypoacousie (baisse de l’audition) dont la forme extrême est la surdité, les acouphènes, l’hyperacousie mais aussi toute une série d’effets en cascade : troubles du sommeil, problèmes cardiovasculaires… 

  • Fatigue auditive

Elle se manifeste par une baisse temporaire de l’audition suite à une exposition assez longue à un niveau sonore trop élevé. Rappelez-vous de votre dernier concert de rock. À la sortie, n’aviez-vous pas l’impression d’avoir les oreilles cotonneuses et de ne pas pouvoir suivre une conversation correctement ? Votre système auditif avait besoin de repos, un peu comme une voix cassée d’avoir trop crié. Le remède ? Plusieurs heures de calme pour laisser le temps aux oreilles de retrouver toutes leurs capacités.

  • Hypoacousie

Lorsque l’on est confronté à un bruit de plus de 130 dB, la perte d’audition peut être soudaine et irréversible mais l’hypoacousie vient le plus souvent d’une fatigue auditive à répétition. « Cette fatigue auditive peut être considérée comme un signal d’alarme », précise le site de la DRASS région Centre. Si l’expérience se renouvelle trop souvent, dans une ambiance sonore dépassant 85 dB (A), la surdité s’installe : c’est la surdité progressive et irréversible. La perte d’audition concerne principalement les fréquences aiguës. Contrairement à une baisse d’acuité auditive pour toutes les fréquences, cette perte peut entraîner des troubles de compréhension de la parole. Il existe trois classes de pertes auditives : les surdités légères (pertes comprises entre 20 et 40 dB HL [décibels Hearing Level]), les surdités moyennes (pertes comprises entre 40 et 60 dB HL) et les surdités sévères (pertes supérieures à 60 dB HL). Aujourd’hui, en France, 5 millions de Français sont concernés par la malentendance, dont 2 millions chez les moins de 55 ans. Et 15 % de la population porte des aides auditives.

  • Acouphènes

Si vous avez dans votre entourage une personne souffrant d’acouphènes, vous vous êtes rendu compte de la pénibilité du phénomène. Ses oreilles sifflent et bourdonnent en dehors de tout stimulus externe. Selon le rapport de l’AFSSET, plus de 5 millions de personnes souffrent d’acouphènes en France, en majorité des plus de 50 ans. Et si 50 000 à 80 000 d’entre elles consultent chaque année pour ce problème, les divers traitements médicamenteux n’améliorent la situation que dans 26 % des cas ! Les acouphènes finissent par rendre irritable et dépressif. Bien que ces bruits soient très souvent décrits comme « simples » et « non assourdissants » par leur intensité, ils peuvent procurer un envahissement de l’individu qui en est atteint et une destruction de son équilibre. Cette souffrance est exacerbée par le fait qu’elles sont seules à percevoir les bruits et qu’il n’existe pas, actuellement, de moyens de les évaluer, de les mesurer, de les qualifier, de les quantifier, mis à part ce qu’en dit le sujet qui les perçoit. 

  • Hyperacousie

Dans la même veine, l’hyperacousie se caractérise par une intolérance soudaine aux bruits jusque-là jugés normaux. Un train qui passe, un cri d’enfant, une sonnerie peuvent devenir intolérables pour une personne souffrant d’hyperacousie. Les causes ne sont pas vraiment connues pour l’instant. L’hyperacousie est parfois la conséquence d’un traumatisme auditif, d’un traumatisme crânien, de médicaments toxiques et peut être symptomatique d’une fibromyalgie ou bien encore d’autisme. Cette hypersensibilité auditive est de plus susceptible d’être accompagnée d’acouphènes.

  • Troubles du sommeil

Moins directement, le bruit peut toucher tout l’organisme. Il peut notamment affecter le sommeil et provoquer des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes, des modifications des états du sommeil (sous l’effet du bruit, on peut passer d’un sommeil profond à un stade plus léger). Selon la DRASS Centre, entre 45 et 55 dB, le sommeil paradoxal est altéré, entre 55 et 65 dB un bruit réveille les enfants et entre 65 et 75 dB les adultes. Au-delà de 75 dB l’endormissement est tout simplement impossible.

L’équipe de recherche du Centre d’étude de physiologie appliquée du CNRS de Strasbourg, longtemps dirigé par Alain Muzet a montré que les bruits nocturnes, même s’ils ne réveillent pas le sujet, entraînent des réponses cardiovasculaires : le rythme cardiaque et la tension artérielle augmentent. Le corps se prépare à affronter l’agression, en quelque sorte. « Cette stimulation, si elle est répétée et intense, entraîne une répétition des réponses de l’organisme qui, à la longue, peut induire un état de fatigue voire un épuisement. L’organisme peut ne plus être capable de répondre de façon adaptée aux stimulations et aux agressions extérieures et voir ainsi ses systèmes de défense devenir inefficaces », prévient le rapport de l’AFSSET. « À long terme une perturbation ou une réduction quotidienne de la durée du sommeil entraîne une fatigue chronique excessive et de la somnolence, sources de baisses de vigilance diurnes qui peuvent avoir une incidence sur les risques d’accidents de la circulation ou du travail, ajoutent les experts. Une réduction de la motivation de travail et des troubles d’apprentissage sont également constatés. »

Les chercheurs ont également montré que les bruits pouvaient entraîner des troubles endocriniens. « En présence de bruit, les taux de certaines hormones (adrénaline, noradrénaline, cortisol) augmentent avec pour conséquence l’affaiblissement des défenses immunitaires. »

 

Mettez les décibels au diapason

Pour beaucoup d’entre nous, le bruit apparaît comme une fatalité, une rançon due au progrès. Il n’en est rien ! 

Voici dix trucs pour conjurer le son.

  1. Limitez le niveau sonore autour de vous. Télévision, radio, chaîne hi-fi, mettez tout ce petit monde au diapason.
  2. Si votre chambre ou celle de vos enfants se trouve sur rue, posez des doubles vitrages.
  3. Respectez les règles de bon voisinage. Limitez le bruit le jour comme la nuit : la loi est la même, mais après 22 heures, on parle de tapage nocturne. Gardez vos talons pour l’extérieur, écoutez la télé avec un casque, ne laissez pas votre chien aboyer.
  4. Ne débridez pas votre baladeur et baissez le son surtout si cet appareil a été acheté avant septembre 1998 et n’est donc pas limité à 100 dB.
  5. N’écoutez pas votre baladeur plus d’une heure à volume moyen. Faites des pauses.
  6. En discothèque, équipez-vous de bouchons d’oreilles et, toutes les deux heures, isolez-vous dans un endroit plus calme.
  7. Lors des concerts en plein air, ne vous collez pas aux baffles. Éloignez-vous de la source sonore (le niveau sonore décroît de 6 décibels lorsque la distance double).
  8. En voiture, ne klaxonnez qu’en cas de danger imminent. Pensez aux riverains et aux piétons.
  9. Apprenez à vos enfants à limiter le bruit, offrez-leur des moments de silence.
  10. Dès que vos oreilles commencent à siffler ou à bourdonner, sortez du champ sonore au plus vite.
    Par Amel Bouvyer et Hélène Binet 
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 09:51

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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 15:12
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Robinetterie, chaudière, lave-linge, cafetière, bouilloire… partout où l’eau passe, les appareils électroménagers et les canalisations trépassent. En cause, le tartre… Mais notre santé aussi peut pâtir de la qualité de l’eau qui sort du robinet : chlore, bactéries, pesticides…
 

Trop dure, trop douce ? Infectée ? Trop chlorée ?... L’eau qui coule dans nos maisons est censée être traitée, contrôlée et potable. Les syndicats des eaux et les institutions veillent à sa qualité. Malgré cela, de nombreux fabricants et revendeurs d’adoucisseurs surfent sur la vague du développement durable pour fourguer une camelote dont il faut plus que se méfier. Ainsi de ce distributeur qui annonce sur son site internet 30 euros d’économies par mois pour une famille de quatre personnes grâce à l’installation d’un adoucisseur. « Selon les paramètres de calculs qui changent d’un cas à l’autre, l’économie peut être réelle ou purement virtuelle, confie Mikael Laurent, chargé de mission à la Maison de la consommation et de l’environnement de Rennes, c’est pour cette raison qu’il faut examiner tous les paramètres  avant de se lancer. » En effet, ce que ces appareils font gagner d’un côté, ils peuvent le faire perdre d’un autre, en augmentant la consommation d’eau par exemple. Pour éviter l’arnaque et investir malin, voici quelques conseils de traitement de l’eau à la maison.

Avant tout, il faut bien faire la différence entre traitement de confort et traitement de la qualité de l’eau. Ces deux concepts ne relèvent pas de la même logique. Le traitement de confort a trait à la lutte antitartre, l’objectif étant, en général, d’augmenter la durée de vie des appareils électroménagers et de protéger les canalisations contre les risques d’encrassement. Par ailleurs, le tartre réduit la détergence des produits de lavage, d’où l’intérêt de le faire disparaître.

Le traitement de la qualité, quant à lui, est un traitement sanitaire. Il suppose que l’eau n’est pas propre à la consommation, ce qui est assez rare aujourd’hui en France. Néanmoins, dans les campagnes reculées et les habitations isolées, il peut arriver que l’eau soit souillée par des canalisations en mauvais état. Dans ce cas, l’acquisition d’un filtre à charbon actif ou à roche volcanique peut se révéler utile.

Le charbon actif, une eau sans résidus organiques

Le charbon actif est une matière carbonée dont la légère charge électrique positive attire et retient l’ion chlore, les composés organiques,  les pesticides et les impuretés. Il peut être extrudé, en poudre ou en grains. C’est cette dernière forme qui est exploitée dans les applications de traitement de l’eau. Il est largement utilisé, notamment dans les carafes filtrantes. Le charbon actif agit comme une éponge, retenant les impuretés en les piégeant simplement, par adsorption, ou en les liant chimiquement. Il possède la meilleure capacité d’adsorption de tous les matériaux naturels connus. Pour une efficacité maximale, il doit être en contact le plus longtemps possible avec l’eau. Plus l’eau passe doucement, meilleure est la filtration.

Sachez que le charbon actif est doté d’une excellente capacité d’élimination des chlorophénols. Rapidement absorbés par ingestion, par inhalation ou par contact avec la peau, particulièrement nocifs pour la santé (on les soupçonne entre autres méfaits, d’être cancérogènes), les chlorophénols résultent de la chloration des eaux potables des réseaux publics de distribution où se sont retrouvés accidentellement des phénols résiduels de l’industrie.

Le charbon actif fixe aussi presque instantanément la plupart des micro-polluants organiques (pesticides, herbicides…).

La roche volcanique, une eau pure et bonifiée

Le concept du filtre Naturalizer Kirameki a été développé en 1980 au Japon par la société Crystalwater qui s’est inspirée des propriétés des roches volcaniques de l’archipel. Le principe est de faire passer l’eau à travers différentes couches (neuf matériaux au total, tous issus de roches volcaniques), reproduisant ainsi le parcours de l’eau dans la nature. L’eau en ressort filtrée mais aussi améliorée grâce aux propriétés des roches qu’elle traverse.

Le Naturalizer a ensuite été introduit aux États-Unis en 2000 sous le nom commercial de Wellness où il a été proposé initialement sous sa version originale longue durée (150 000 litres de capacité de filtration) puis sous une version ne permettant plus le rétro-nettoyage hebdomadaire du filtre et obligeant à l’achat régulier de cartouches de remplacement. Le Naturalizer de Crystalwater, version originale, est disponible chez Biovie [voir adresses en fin d'article] pour 1 122 euros. « Une jolie somme, mais avec ce filtre, une famille de quatre personnes est tranquille pour une quinzaine d’années », précise Éric Viard, P-DG de Biovie. C’est sans doute le Naturalizer qui a inspiré la société belge Cristallinn pour mettre au point un système commercialisé en France par Éco-H20 et fonctionnant lui aussi avec des roches volcaniques. Mais la sphère de filtrage doit être changée régulièrement à un rythme qui dépend de la dureté de l’eau. Et elle coûte quelque 310 euros.

Votre eau est-elle calcaire ?

Une eau dure est une eau chargée en ions calcium et magnésium. Cette dureté, ou degré de minéralisation de l’eau, s’exprime en degrés titre hydrotimétrique (°TH). En France, elle s’exprime en mg/l de CaCO3 (carbonate de calcium) ou en degré français (symbole : °f, à ne pas confondre avec le symbole °F, degré Fahrenheit). Le degré de dureté de l’eau est indiqué sur une fiche de qualité des eaux réalisée tous les ans par les DDASS et vous est communiqué avec votre facture d’eau. Vous pouvez aussi la mesurer vous-même à l’aide de bandelettes test que l’on trouve chez les vendeurs d’aquariums ou dans les pharmacies.

La présence de calcaire dans l’eau n’est pas un problème en soi. Ce n’est rien d’autre qu’une forme de calcium (carbonate de calcium) auquel s’ajoute un peu de carbonate de magnésium. Ainsi, une eau calcaire participe à l’apport journalier en calcium.

Cela dit, lorsqu’il se transforme en tartre sous l’effet de la chaleur, les problèmes commencent. Ils peuvent conduire à la mort pure et simple des appareils (la cafetière entartrée, tout le monde connaît !). Il faut donc trouver la parade, en sachant qu’une eau trop douce est corrosive. Et qui dit corrosion dit fuites, bactéries et libération dans l’eau de métaux comme l’étain, le cuivre ou le plomb, hautement toxique.

Dans l’idéal, l’eau ne doit être ni trop douce ni trop dure. Suivez la voie du milieu : protégez les équipements de l’encrassement et maintenez une eau mi-dure mi-douce, entre 8 et 30 °TH (°f).

Entrez en osmose

Tour à tour encensée puis critiquée, l’osmose inverse fait les beaux jours des sociétés spécialisées. De quoi s’agit-il ? Si vous placez dans un récipient une membrane perméable à l’eau et que vous versez une eau très salée d’un côté et de l’eau douce de l’autre côté, l’eau douce circulera vers le compartiment le plus salé pour équilibrer les concentrations.

Oui, la nature fait très bien les choses. Et l’homme passe son temps à la copier pour créer des systèmes et des technologies qui lui ressemblent. Sauf que, pour se débarrasser d’un surcroît de calcaire et obtenir une eau moins dure, il faut inverser le phénomène. Les ingénieurs ont donc fait appel à toute leur ingéniosité pour concevoir des appareils capables de provoquer une osmose… inverse. Les résultats sont probants, l’eau est purifiée.

Optez pour la pompe perméate

Un osmoseur classique se compose de pré-filtres granulaires de charbon actif, d’une membrane d’osmose, d’un réservoir de stockage et d’un robinet. Petit bémol cependant : cet appareil rejette beaucoup – trop ! – d’eau. Inconvénient qu’il faut prendre en compte lors de l’achat. En effet, de l’osmoseur de base à celui équipé d’une pompe électrique, le rejet peut aller du simple au triple, car la pompe présente le double avantage de faire fonctionner l’osmoseur même lorsque la pression est trop faible mais aussi d’augmenter la vitesse de remplissage du réservoir. Consommation électrique, rejet d’eau et temps de remplissage sont donc les critères à retenir pour faire un choix éclairé.

Tout bien pesé, l’osmoseur à pompe mécanique (dite pompe perméate) est la solution à privilégier. L’alimentation électrique n’est pas nécessaire et le rejet de l’eau de vidange est moindre. Autre avantage : le remplissage est meilleur qu’avec l’osmoseur simple.

Quoi qu’il en soit, pour vous garantir une qualité d’eau irréprochable, changez les cartouches une fois par an. Pour la membrane, la fréquence idéale de remplacement est de deux ans. Investissez également dans une cartouche de reminéralisation, appelée aussi cartouche post-filtration, qui garantira l’apport en sels minéraux et oligo-éléments.

Adoucissez, mais pas trop

L’adoucisseur, c’est l’appareil de confort par excellence, idéal pour éviter l’entartrage des canalisations et de l’électroménager. Il fonctionne avec une résine qui traque et emprisonne les ions calcium et magnésium et libère à la place des ions sodium. Lorsque la résine est saturée en calcium et magnésium, elle est rincée à l’aide d’une solution très concentrée en sodium. Ce rinçage est ce que les professionnels appellent la régénération. Elle dure une à deux heures et utilise 180 à 200 litres d’eau ! Si l’adoucisseur est peu énergivore (les adoucisseurs hydrauliques fonctionnent avec une turbine qui produit de l’énergie mécanique à partir de l’eau en mouvement), il consomme en revanche beaucoup d’eau. Votre facture d’eau grimpera d’au moins 10 % par an.

Le coût de l’appareil varie de 800 à 2 500 euros selon les marques et le type d’appareil. À cela, il faut ajouter le coût de la pose et de l’entretien. Attention : un adoucisseur résout les problèmes de tartre mais il n’a aucun effet sur les nitrates, pesticides et bactéries.

L’investissement doit donc s’envisager à long terme, en prenant en considération la durée de vie des tuyaux, de la chaudière et des appareils ménagers, le coût des pastilles ou poudre antitartre sachant que certaines machines à laver sont vendues avec adoucisseur intégré. Et en se disant qu’une eau moins dure est un gage d’économies au quotidien car elle augmente le pouvoir détergent des savons, shampooings et lessives. Ce qui réduit forcément les quantités d’eau utilisées pour aboutir aux mêmes résultats.

Magnétisez vos canalisations 

Quelques fabricants ont redécouvert les vertus des champs magnétiques dans la lutte contre le tartre. En soumettant l’eau à un champ magnétique, le carbonate de calcium (insoluble dans l’eau et constituant principal du calcaire) ne peut plus se cristalliser sous forme de tartre. Le calcaire se transforme alors en aragonite (polymorphe stable du carbonate de calcium), une poudre blanche qui a un pouvoir d’accrochage bien inférieur à celui du tartre.

Le champ magnétique est créé autour de la canalisation grâce à un aimant très puissant. L’effet du traitement magnétique est instantané et sans modification de la composition de l’eau. Pas besoin d’énergie pour faire fonctionner ce petit appareil dont la dimension est choisie selon le diamètre et le débit du tuyau qui l’accueille. Il se visse aisément et ne requiert aucune maintenance.

Trucs de grand-mère : Coquille d’huître, vinaigre blanc, eau de pluie

Lorsqu’une eau dure est chauffée à plus de 60 °C, il se forme un précipité insoluble : c’est le tartre. La solution : réglez les programmes de vos machines à laver et la température de votre chauffe-eau à moins de 55 °C.

Votre cafetière électrique vous dira merci si vous mettez une coquille d’huître dans le récipient à eau. Le tartre s’y déposera et épargnera la résistance. Même combat pour votre bouilloire et le réservoir d’eau des toilettes.

Nos grands-mères utilisaient du vinaigre blanc chaud pour ôter les traces de tartre des robinets ou pour faire tremper des pièces entartrées.

Et si vous avez la possibilité de récupérer l’eau de pluie, utilisez cette eau, naturellement douce. Vos canalisations ne s’en porteront que mieux.

 Amel Bouvyer

À lire

  • « L’Eau à la maison, mode d’emploi écologique », de Sandrine Cabrit-Leclerc. Terre vivante éd., 25 euros. À commander chez votre libraire ou sur internet (amazon.fr - 23,76 euros)

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