Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 09:21

Quand on sait qu’un robinet déverse 10 à 12 litres d’eau à la minute, on ne peut plus être indifférent. D’autant qu’il est facile d’y visser un embout économiseur d’eau. Pas cher (entre 2 et 15 €) et efficace. La plupart des modèles sont équipés d’une membrane sensible à la pression et d’une grille à gros maillage : en les traversant, l’eau est mélangée à l’air. Résultat : on reçoit une eau plus « onctueuse »… avec un débit global conservé (eau + air). Attention, tous les mousseurs ne réduiront pas forcément votre consommation : la fiche technique doit clairement indiquer le débit – dans l’idéal ramené à 5 litres d’eau à la minute. En inox ou en matière plastique ? Cela ne change rien à l’économie réalisée. Mais si votre eau est « dure », évitez l’inox car il accroche le calcaire… Votre robinetterie n’appréciera que très moyennement.

Côté douche, il existe des douchettes utilisant aussi le principe de « l’air remplace l’eau » (appelé effet Venturi). Elles comportent une quinzaine d’orifices pour laisser pénétrer l’air au passage de l’eau. C’est très économique mais en contrepartie un peu bruyant. Sachez qu’il existe des douchettes économiseurs moins bruyantes et dont certains modèles sont réalisés avec des copeaux de bois de hêtre et d’acacia écologiques.

 

Le chlore ne passera plus par nous

Sous une douche, on inhale dix à cent fois plus de chlore et de produits chimiques (trichloréthylène, pesticides…) qu’avec l’eau de consommation. Non seulement ils pénètrent le système respiratoire mais leur effet oxydant entraîne un vieillissement de la peau et des cheveux, ou encore des irritations et des allergies cutanées comme l’eczéma. Ou même un psoriasis. La solution consiste à placer un filtre au départ du flexible douche. Choisissez-le pourvu de la technologie KDF (Kinetic Degradation Fluxion). Cet alliage de cuivre et de zinc utilise le procédé chimique d’oxydoréduction pour réduire de plus de 90 % le chlore libre, le plomb, le mercure, le fer, l’hydrogène sulfuré, le carbonate de calcium, le magnésium et le chrome de l’eau. Mais il n’est pas efficace pour éliminer les dérivés chlorés soupçonnés d’être cancérigènes. Seul le procédé Chlorgon vient en partie à bout du chlore. Le prix ? Environ 70 € pour le filtre et 40 € pour la cartouche KDF et Chlorgon, à changer tous les ans en moyenne pour une famille de 3 à 4 personnes.

Enfin, préférez la douche au bain, deux fois plus gourmand en eau. Et n’oubliez pas de vérifier régulièrement les joints des robinets et de réparer les fuites sans attendre.

 

Du soleil dans le chauffe-eau

Selon la situation géographique, un chauffe-eau solaire peut couvrir jusqu’à 80 % des besoins en eau chaude sanitaire – salle de bain et cuisine – de la maison. Le principe est simple. Des panneaux solaires chauffent l’eau en circulation dans des conduites sombres raccordées directement au ballon d’eau. La chaleur de ce « circuit primaire » est transférée à l’eau sanitaire via un serpentin en cuivre. Dès que l’on puise de l’eau chaude, celle-ci est immédiatement remplacée par la même quantité d’eau froide, réchauffée à son tour par le liquide du circuit primaire.

Deux types de ballons existent.

  • Le système monobloc – 2 000 € pose incluse – répond aux besoins en eau chaude de 4 personnes. Capteurs et ballon sont groupés sur un même châssis rigide, à installer sur une toiture-terrasse plutôt que sur un toit en pente (à cause du poids) et plein sud pour capter un maximum de rayonnement solaire… Si vous êtes orienté sud-est ou sud-ouest, cela peut encore convenir selon la latitude.
  • Ce système n’étant ni très esthétique ni très performant, on peut préférer le chauffe-eau solaire à éléments séparés : les capteurs sur le toit et le ballon dans un local chauffé ou du moins isolé comme la cave pour lui éviter de se refroidir trop vite. On peut lui adjoindre un dispositif d’appoint pour les jours sans soleil – une résistance placée à mi-hauteur du ballon ou bien un raccord à une chaudière située en aval du ballon. Le prix ? Pour 3 à 5 m2 de capteurs et un ballon de 200 à 300 litres, il faut compter entre 3 800 € et 6 200 € pose incluse.

 

 

Quant au chauffage, là encore le solaire a sa place. Mais quitte à se lancer, autant chauffer l’ensemble des pièces. Le solaire thermique, système actuellement le plus économique, repose sur des conduites d’eau sombres placées sous des panneaux vitrés et raccordées directement au circuit des radiateurs et autres chauffe-serviettes. À raison de 1 m2 de capteurs pour 10 m2 de surface habitable, on peut économiser 30 à 40 % des besoins annuels en chauffage.

Si l’on opte pour le photovoltaïque (des cellules à base de silicium regroupées sur un même panneau solaire fournissent de l’électricité ensuite stockée dans des batteries), il faut savoir que le rendement est faible et les cellules encore onéreuses. Ce système, efficace pour l’éclairage, n’aura pas la puissance suffisante pour alimenter un radiateur, fût-ce pour la salle de bain.

 

Il n’y a pas que le carrelage…

Sécurité, propreté et étanchéité. Ces trois priorités guideront votre choix de revêtement. Avant la pose, vérifiez que votre sol est solide, sain et sec. Nettoyez-le soigneusement. S’il est très absorbant, passez à la brosse souple un mortier-colle. Laissez sécher avant d’installer votre revêtement. Si nécessaire, en particulier si vous désirez poser un carrelage de terre cuite, il faudra réaliser une chape. Les plaques de sol chape de type Fermacell – fabriquées à partir de plâtre et de fibres de cellulose recyclée –, si elles sont complétées par des bandes d’étanchéité sur toutes les jointures, offrent le double avantage d’isoler le sol thermiquement et de le protéger de l’humidité.

« En finition, on peut choisir des grès, des carreaux ciments, des marbres ou encore du linoléum véritablement naturel et à la durée exceptionnelle », précise Jean-François Broggio, consultant chez Habitat écologique et Santé de l’habitat. Ce matériau offre des teintes magnifiques, mais son prix est élevé (27 à 50 € le m2). Et pourquoi ne pas tenter le liège, imputrescible et résistant à l’humidité ? On le trouve sous forme de dalles rectangulaires ou carrées, à coller, mais aussi, et c’est nouveau, en lames avec rainures et languettes qui se « clipsent » sans colle.

Agréable à voir et à sentir sous les pieds nus, le parquet convient aussi à une salle de bains. À condition de choisir une essence résistante à l’humidité, comme l’acacia, et issue de forêts bien gérées – repérable aux labels FSC (Forest Stewardship Council) et PEFC (Pan European Forest Certification). Une fois le parquet posé, il est impératif de passer deux couches d’un mélange d’huile de lin et de cire d’abeille, espacées d’une semaine et avant que l’eau ne touche le bois. Sinon gare aux taches…

 

Tadelakt, un jour vous y viendrez

Rien de tel qu’un enduit teinté pour donner lumière et matière à cette pièce trop souvent exiguë. Choisissez-le – ou faites-le vous-même – de préférence à base d’argile. En plus de ses superbes couleurs ocres, orangées, blanches ou vertes, sa capacité à absorber et à restituer l’humidité régule parfaitement l’air ambiant. Imperméable, doux et brillant, il n’a que le défaut d’être délicat à réussir. Pourquoi ne pas opter alors pour la chaux à tadelakt (environ 30 € le m2) dont l’aspect est identique à la chaux marocaine mais la mise en œuvre beaucoup plus simple. Dans les deux cas, et surtout si votre mur est trop lisse ou trop absorbant, prévoyez d’abord une sous-couche rugueuse à base de colle, chaux et charge minérale, prête à l’emploi.

Les amateurs de bois trouveront leur bonheur dans le lambris. Version écologique, on le trouve notamment en cèdre rouge, en bambou, en châtaignier ou en pin. On l’utilise brut ou recouvert d’une simple lasure de finition. Généralement, il se pose sur une ossature de tasseaux, par exemple des lattes de sapin. Collés ou cloués au mur, perpendiculairement au sens choisi pour les lames de lambris, ces tasseaux sont espacés de 60 cm et ajourés pour permettre la circulation de l’air.

Par Patricia Chairopoulos


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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 16:09

 

Les nanoparticules sont diffusées à très grande vitesse dans les produits que nous utilisons au quotidien,en particulier dans les cosmétiques, sans aucune étude de toxicité préalable à leur mise sur le marché. Si des milliards de dollars y ont été investis, les nanotechnologies sont aujourd’hui terra incognita : on ne sait pas grand-chose de leur éventuel impact sanitaire ni, plus généralement, des enjeux éthiques et environnementaux qui les entourent.

 

Nous venons à peine de percer à jour les dégâts causés par les pesticides, les métaux lourds, les OGM, l’amiante, que se profile le péril nano. Les nanoparticules (du grec nano qui signifie nain), un mot magique et nébuleux désignant vaguement un ensemble de techniques qui manipulent la matière aux frontières de l’infiniment petit, à l’échelle de l’atome, et regroupent des produits dont la dimension est de l’ordre du milliardième de mètre, sont entrées sans faire de bruit, dans notre quotidien. Elles sont là, parmi nous, sous forme de nanotubes, de nanoballons, de nanobilles, de nanolasers, de nanopuces… et rien ne semble pouvoir les arrêter.

Tout ce qui est petit est mignon. Les nanoparticules en seraient presque attendrissantes… Et pour ajouter à leur charme, elles nous ouvrent un horizon fascinant de prophéties et d’innovations prometteuses et nous permettraient de « refaire ce que la vie a fait, mais à notre façon », selon les termes du Prix Nobel de chimie 1987, Jean-Marie Lehn. On observe même, à l’instar de la stratégie de séduction du public que l’on a connue avec les organismes génétiquement modifiés, le développement d’une « sérénade » louant les nanosolutions au service des pays pauvres. Pendant ce temps, la production mondiale de nanomatériaux croît de manière exponentielle, pour preuve les investissements colossaux auxquels nous assistons.

Pourquoi les nano font peur ?

Le train des nano est donc lancé. Et rien ne pourra l’arrêter. Par les propriétés physiques inédites qu'elles possèdent, les nanotechnologies sont certes porteuses d'enjeux énormes. Mais, pour la même raison, elles présentent des risques sanitaires et environnementaux que nous sommes loin de soupçonner. Qu’en est-il des enjeux éthiques qui entourent ces mystérieuses particules un million de fois plus petites que le millimètre et surtout de leur impact sur notre santé ? Que se passe-t-il quand des nanotubes de carbone dispersés dans l’air sont inhalés ? Représentent-ils une menace de type « amiante » en s'insinuant dans nos voies respiratoires ? Qu’advient-il quand des particules de dioxyde de titane sont appliquées sur la peau comme écran solaire ? Jusqu'où les nanoparticules peuvent-elles pénétrer dans un organisme du fait de leur taille ? En attendant, et sans vouloir écrire un scénario catastrophe, voilà ce que l'on sait des nanoparticules.

Où se cachent-elles ?

Ce sont les nanoparticules qui se taillent aujourd’hui la part du lion sur le marché des nanotechnologies. Les plus couramment utilisées sont d’une part, les nanoparticules de noir de carbone (sous forme de nanotubes ou de nanoballons appelés aussi « fullerènes »). Le noir de carbone (ou noir de fumée), c’est ce dépôt de fines particules de carbone (de 10 à 400 nm de diamètre) qui se forme lorsque l’on approche une bougie d’une paroi froide. Dans la nature, ces nanoparticules n’existent qu’à l’état de traces.

Produites industriellement, elles sont utilisées comme pigment (pour les encres), comme éléments de renfort au sein de matériaux composites car elles sont cent fois plus résistantes que l’acier, tout en étant six fois plus légères et très flexibles (raquettes de tennis, pneus, semelles de chaussure), comme isolant de la lumière (dans les emballages)… 

Et d’autre part, les nanoparticules d’oxydes métalliques. Ainsi, le dioxyde de titane (TiO2) est utilisé comme pigment blanc (on le retrouve ainsi dans les peintures et les encres) mais aussi dans les matières plastiques, les caoutchoucs, les fibres synthétiques, les surfaces autonettoyantes ainsi que dans les cosmétiques, les dentifrices, les produits pharmaceutiques ou encore comme colorant alimentaire.

Et depuis peu on l’emploie comme filtre anti-UV dans les crèmes solaires. Quant à l'oxyde de zinc (ZnO), il possède globalement les mêmes propriétés et les mêmes usages que le dioxyde de titane. Enfin, on a recours à des nanoparticules de silice pour fabriquer des pneus basse résistance permettant de réduire la consommation de carburant.

Vertige de l’infiniment petit

L'avènement de la nano-industrie devrait induire une restructuration de nombreux secteurs industriels, comme ce fut le cas avec l’informatique ou l’électronique. Tous les grands secteurs de production – électronique, textile, médical, agroalimentaire, énergétique – sont touchés par cette tempête technologique.

Côté santé, les nanobilles peuvent constituer d'excellents transporteurs d'agents actifs. Les nanoparticules sont de plus en plus utilisées dans le domaine de la biométrie ou des systèmes nomades miniaturisés d’information. La firme Applied Digital a reçu l’an dernier l’approbation de la Food and Drug Administration (l’autorité américaine en matière de médicaments) pour sa « puce médicale incorporée », qui s’implante sous la peau et émet l’histoire médicale complète du patient. Elles seront exploitées à l’avenir comme vecteurs pour transporter des médicaments au niveau des cellules cibles. Elles sont déjà incorporées dans les vêtements, les farts de skis…

 IBM, Michelin, Daimler-Chrysler…

Très prisés pour leur robustesse alliée à leur légèreté et une bonne conductivité électrique, les nanomatériaux équipent déjà lecteurs de DVD, raquettes de tennis, aspirateurs, machines à laver et ils se sont discrètement glissés dans nos produits de beauté. Sony et STMicroelectronics, associés à Motorola et à Philips Semiconduc­tors International, viennent d’investir 1,5 milliard d’euros pour la fabrication de semi-conducteurs usinés à moins de 90 nanomètres. Dans le secteur textile, les projets concernent des fibres métallisées capables de contenir de l’énergie ou d’intégrer des capteurs.

Le groupe automobile Daimler-Chrysler vend déjà des véhicules dotés de renforts de freins ou de pièces de moteur en nanotubes de carbone, six fois plus légers et cent fois plus résistants que l’acier, doués de la même conductivité que le cuivre et de la même dureté que le diamant. Et utilise en série, pour tous les modèles de sa marque Mercedes-Benz un vernis à nanoparticules trois fois plus résistant aux rayures qu’une peinture classique et bien plus brillant.

IBM produit des transistors cent mille fois plus fins qu’un cheveu…

Michelin utilise des nanoparticules de silice pour fabriquer un pneu « vert » qui offre une moindre résistance au roulement et permet de réduire la consommation de carburant de 20 %.

Renault et Peugeot les expérimentent pour renforcer les pièces de carrosserie. Ils seront également bientôt présents dans les écrans plats. Ils ont, pour la première fois, figuré dans la composition d'un cadre de vélo lors du dernier Tour de France. L'industrie cosmétique a décidé elle aussi de surfer sur les nanotechnologies. Chanel, Dior, Shiseido, Estée Lauder, Roc, Clinic ou L’Oréal utilisent des nanoparticules d’oxydes métalliques pour filtrer les rayons ultra-violets, augmenter le taux de pénétration des crèmes de soins ou encore améliorer la tenue des rouges à lèvres et des vernis à ongles.

Nano-cosmÉtiques : L’Oréal, Chanel, Dior, Lancôme… auront-ils notre peau ?

On ne peut pas affirmer avec certitude que les nanoparticules puissent pénétrer une peau intacte (mais ça ne saurait tarder). Cependant plusieurs études montrent qu'une peau abîmée (acné, eczéma, coupure…) laisse passer facilement des particules de l’ordre du nanomètre. Malgré cela, les plus grands noms de l’industrie cosmétique, comme L’Oréal, Dior, Chanel, Revlon, Estée Lauder, Lancôme, Shiseido ou encore Clinic, continuent de vendre à prix d’or, sous prétexte d’efficacité, des cosmétiques contenant des ingrédients nanotechnologiques. C’est d’autant plus alarmant que beaucoup de ces produits de « beauté » contiennent des « agents de pénétration », ce qui renforce les craintes d’une absorption probable par la peau de nanomatériaux et de leur possible entrée dans la circulation sanguine.

Voici une liste non exhaustive, loin s’en faut, de produits qui contiennent des nanoparticules et qu’il faut d’ores et déjà bannir :

  • L'Oréal, la gamme Revitalift aux nanosomes, les poudres bronzantes et les rouges à lèvres HIP (High Intensity Pigments),
  • Chanel, l’émulsion fraîche de parfum de Coco Mademoiselle,
  • Clinic, la gamme anti-âge,
  • Estée Lauder, les gammes Re-Nutriv et Résilience,
  • Dior, la crème de jour Dior Finish UV 60-80,
  • La Prairie, la crème visage Caviar Luxe,
  • Neutrogena, toute la gamme,
  • Shiseido, toute la gamme Bio-Performance,
  • Procter & Gamble, la lotion solaire Olay,
  • Lancôme, l’autobronzant Hydra Flash, la crème Hydra Zen et la gamme Rénergie.

Faites passer le message !

Toutes petites et pourtant si nocives…

Il faut savoir que les nanomatériaux ne constituent pas un groupe homogène de substances. Leurs particules peuvent varier en taille, forme, surface, composition chimique, persistance biologique… Dans les nanotechnologies, plus que la nature chimique du matériau, c’est l’organisation spatiale des atomes qui est déterminante. Et c’est ce qui les rend exceptionnellement réactives. La forme même des nanoproduits peut être à l’origine d’effets toxiques.

À l’université de Rochester (État de New York), des travaux toxicologiques réalisés sur les nano-objets révèlent des résultats préoccupants, notamment des réactions inflammatoires dans les tissus pulmonaires exposés à des nanoparticules de carbone. Et on sait d’ores et déjà que les nanopoudres – du fait de leur finesse – peuvent se diffuser dans les espaces corporels et que les nanotubes de carbone pourraient, à l’instar des fibres d’amiante, se ficher dans les alvéoles pulmonaires et provoquer des cancers, passer dans le sang, traverser la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau et même franchir la barrière placentaire.

On a démontré que les fullerènes (nanobilles de carbone) utilisés dans les crèmes hydratantes, endommagent le cerveau des poissons et sont hépatotoxiques chez l'homme. On a mis en évidence, et cela de manière irréfutable, que les nanoparticules de dioxyde de titane, employées dans les filtres solaires pour une question d'esthétique produisent des radicaux libres et endommagent l'ADN de la peau.

Une législation sourde et muette

Une soixantaine de représentants de vingt-cinq pays – dont la Chine, le Japon, la Russie, l’Australie, l’Inde et l’Afrique du Sud – se sont réunis pour instaurer un « Bureau consultatif international pour une nanoscience responsable ». À la suite, un rapport intitulé « Éthique et prospective industrielle », qui pointe treize recommandations, dont la nécessité d’un observatoire sociétal européen des nanotechnologies, a été remis aux ministres de l’Industrie et de la Recherche. Sans écho à ce jour…

Les Britanniques ont pris le problème à bras-le-corps. Sur le plan de la législation, ils estiment qu’il faut s’assurer que la maîtrise de ces nanotechnologies soit complètement encadrée par les textes de loi existants ou à venir, et ceci au niveau européen. Cela part d’une bonne intention, mais quand on sait que sous l’influence des lobbies industriels, la législation européenne REACH, dont l’ambition était d’évaluer l’incidence sur la santé et l’environnement de trente mille substances chimiques a été obligée de faire marche arrière, on ne peut que douter de la mise en place d’une telle réglementation. D’autant que les systèmes d’autorisation des substances reposent uniquement sur la description de la composition chimique des produits. Or, avec les nanomatériaux, cela ne suffit pas, puisque c’est l’organisation spatiale des atomes qui peut déclencher des effets biologiques, notamment cancérigènes.

Les industriels font l’autruche

En Grande-Bretagne, un rapport consacré aux nanotechnologies de la Royal Society et de la Royal Academy of Engineering, a demandé aux industriels de « restreindre les expositions aux nanotubes, de divulguer leurs tests toxicologiques, et que des recherches approfondies soient menées pour cerner les impacts biologiques ». Les industriels font la sourde oreille… « Ce qui complique la caractérisation des éventuels impacts sanitaires, c’est que les industriels eux-mêmes ne connaissent pas bien les nanoproduits qu’ils fabriquent », confie sous embargo le directeur du département recherches d’un des spécialistes français des nanotechnologies. Et ce n'est pas près de changer, car aux plans européen et américain, même si de très nombreux programmes sur les enjeux sanitaires sont lancés, ils ne dépassent guère 3 % à 6 % des budgets alloués aux « nano ».

« Dans ce domaine, il y a beaucoup de recommandations mais pas de normes de sécurité spécifiques, comme il en existe pour les produits dangereux. Faute de connaître exactement les risques sanitaires liés à la manipulation des nanoparticules, nous appliquons le principe de précaution et nous travaillons avec gants, masques et blouses… » déplore Kai Schierholz, directeur technique de la société Nanoledge, issue du CNRS, basée à Montpellier et spécialisée dans l’élaboration de matériaux composites à base de nanotubes de carbone (raquettes Babolat, skis Axunn, industrie automobile, aéronautique). À la direction de la recherche de Saint-Gobain, on envisage de mettre un terme à des travaux jugés trop risqués.

Mais tous les industriels n'ont pas une dimension éthique. Loin s'en faut. Comme des investissements colossaux sont déjà engagés, la plupart d'entre eux veulent croire et surtout faire croire à des risques mineurs et surtout maîtrisables. À l’université Rice (Houston, États-Unis), haut lieu de la réflexion sur l’impact des nanotechnologies, des chercheurs financés par des lobbies industriels se veulent optimistes : « Si nous pouvons contrôler les propriétés de surface, nous pourrons éviter les effets toxiques ». Chez NanoBusiness Alliance (organisation industrielle américaine dédiée aux nano-objets), on convient que « les risques sont là, ils sont réels mais ils sont gérables ».

Les scientifiques sur la brèche 

Mais dans leur grande majorité, les scientifiques sont beaucoup plus circonspects. Leur enthousiasme est teinté d’angoisse. Pour eux, « les nano­sciences ouvrent grand la porte à l’inconnu, à l’imprévisible… C’est la terra incognita. » Encouragés par la multiplication, ces derniers mois, de rapports d'experts et d’articles scientifiques pointant les dangers, pour la santé et l'environnement, de la fabrication et de l'utilisation d'objets de taille nanométrique, beaucoup d'entre eux commencent à dire tout haut ce qu'ils pensent tout bas.

L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (AFSSET) estimait, en juin, que « les études toxicologiques, in vitro et chez l'animal, sont encore très peu nombreuses mais établissent l'existence de risques potentiels de toxicité ». Début juillet, le Comité de prévention et de précaution (CPP), placé auprès du ministre chargé de l'environnement, mettait en garde : « De multiples arguments indiquent l'existence d'une réactivité particulière des nanoparticules en rapport avec leur très petite taille. Cette réactivité cellulaire et tissulaire peut constituer un danger pour l'homme si celui-ci est exposé par inhalation, ingestion ou passage transcutané. » En octobre, c'était au tour du comité d'éthique du CNRS de prôner une « vigilance éthique et sociale ». Et on vient d'apprendre qu'une vingtaine de chercheurs français issus de quatre laboratoires (dont le CNRS et l'INSERM) vont plancher pendant trois ans, avec le soutien financier de l'Agence nationale de la recherche (ANR), sur la toxicité des nanotubes de carbone. « Échaudés par la découverte bien trop tardive de la toxicité de l'amiante, les chercheurs ont cette fois voulu étudier très en amont les risques éventuels des nanotubes de carbone tant sur la santé que sur l'environnement », a expliqué à l'AFP Emmanuel Flahaut, chercheur au CNRS et coordinateur de cette étude.

Et nous, que devons-nous faire ?

Le temps presse et si l’on ne tire pas vite la sonnette d’alarme en investissant dans la recherche consacrée à la toxicologie des nanostructures, on risque de revivre à la puissance mille une catastrophe similaire à celle de l’amiante. En attendant, chacun de nous peut agir à son échelle, tout du moins lorsqu’il s’agit de produits cosmétiques. Et cela en exigeant, conformément à la directive européenne du 26 août 2006, relative aux cosmétiques, d'avoir accès à l'information complète sur la composition et les effets indésirables des cosmétiques. En boycottant ceux qui semblent suspects. Et surtout en essayant d'utiliser au maximum les produits labellisés Cosmébio.

15 septembre 2009 - Par Amel Bouvyer
 
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 15:36

En plus de contenir du mercure, ces ampoules à économie d'énergie émettent aussi des ultrasons et des UV. Mieux vaut passer directement aux "LEDs".

 

Le Grenelle de l'environnement a parlé. En 2012, les ampoules à incandescence, trop gourmandes en énergie, auront disparu du marché et seront remplacées par les LFC, les lampes fluocompactes. Une idée finalement pas si lumineuse. Explications.

À la lenteur à l'allumage, la présence de mercure à faible dose (attention à la casse) et une pollution électromagnétique non négligeable, s'ajoutent de nouveaux effets perturbants attribuables aux ultrasons et aux UV. Si elles n'étaient pas équipés d'un appareillage spécifique, ces ampoules fonctionnant sur le modèle du néon devraient émettre le bruit caractéristique des tubes lumineux. " Pour ne pas avoir de vibrations auditives gênantes dues aux 50 Hertz, les fabricants ont créé un générateur électronique sur des fréquences qui vont de 18 kHz à plus de 55 kHz selon les modèles. Nous sommes dans la gamme des ultrasons ", assure Roland Wehrlen, électronicien, expert indépendant en pollution électromagnétique. " L'oreille humaine n'entend pas ces sons, donc personne ne s'en inquiète. Mais il faut savoir qu'à courte distance, il y a cavitation au niveau cellulaire, donc risque sanitaire. Les mesures effectuées avec un décibel/mètre affichent 80dB à un centimètre, 70dB à 10 cm, 60dB à 20 cm. Au delà, cela diminue régulièrement, mais par sécurité, il est conseillé de se tenir à au moins 1,5 mètre de ces ampoules."

 

RADIOFRÉQUENCES. Cette distance de sécurité, qui rend impropres les LFC en tant que lampe de bureau, de chevet, ou pour les travaux de précision, est similaire lorsqu'on prend en compte le contrôle des champs électromagnétiques. La journaliste Annie Lobé, auteure de " La fée électricité : fée ou sorcière ?", à testé ces ampoules avec un gaussmètre ( vidéo disponible sur internet ( www.santepublique-editions.fr/basseconso.html ). Alors qu'une ampoule classique n'émet pas de champ, une fluocompacte atteint 25 milligauss. Le constat s'élève parfois jusqu'à 150 mG. Or ces champs électromagnétiques ont été classés comme potentiellement cancérigènes par l'OMS et l'Agence internationale de recherche contre le cancer. Annie Lobé fait également état d'émission de radiofréquences, jusqu'à 200 V/m, alors que la norme est de 27 V/m.

 

ÉMETTEURS PARASITES. Alerté par les porteurs de pacemaker ayant subi des interférences électromagnétiques à proximité de ces ampoules, Pierre le Ruz, directeur scientifique du centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques ( Criirem ), pointe ces nuisances : " Le problème se pose surtout à courte distance et à l'allumage où l'on enregistre un pic ". Dès 2002, l'Ineris ( Institut national de l'environnement industriel et des risques ) a par ailleurs livré un rapport sur l'exposition électromagnétique au ministère de l'environnement. Il ressort que ces ampoules peuvent être des émetteurs parasites capables de perturber les mesures des antennes-relais de téléphonie mobile !

 

LÉSIONS OCULAIRES. De son côté, l'association Next-up ( www.next-up.org ) pointe les risques de l'exposition aux LFC chez les jeunes : " La dégénérescence maculaire DMLA ( lié à l'âge ) est en train de devenir une épidémie depuis la généralisation de l'éclairage fluorescent, les enfants en sont les premiers impactés (...). Les lampes dites fluorescentes émettent leur pic le plus intense d'énergie à une longueur d'onde de 438,8 nanomètres, ce qui correspond exactement au maximum de dangerosité pour les lésions oculaires de la rétine ".

 

EXPOSITION AUX UV. Un autre risque moins connu a été récemment souligné par le Comité scientifique européen chargé d l'étude des risques sanitaires émergents ( Scenihr ) : les ultraviolets. " Certain types d'ampoules économes en énergie pourraient accroître les symptômes des personnes souffrant de maladies dermatologiques spécifiques ", d'après la direction générale de la santé de la Commission européenne. La dermatite actinique chronique ou l'urticaire solaire pourraient ainsi être aggravées : " Dans le cas extrême d'une exposition prolongée à une distance inférieure à 20 cm de certaine LFC à enveloppe simple, l'exposition aux UV serait porche des limites professionnelles actuelles visant à protéger les travailleurs des dommages sur la peau et la rétine ". 250.000 personnes ( 0,05% de la population européenne ) seraient concernées. Le comité a proposé l'utilisation de LFC à double enveloppe ou une technologie similaire pouvant réduire fortement, voire supprimer ces risques. Un appareillage supplémentaire à prévoir pour les fabricants. 

 

DURÉE DE VIE LIMITÉE. " Plus il y a de composants, plus les risques de panne sont importants, rappelle Roland Wehrlen. Ces lampes fonctionnent comme les tubes fluorescents, mais elles ont en plus un générateur spécial, un transformateur, des transistors, des diodes, des résistances ainsi que des condensateurs et des selfs, soit environ 25 à 30 composants selon les marques." Sensibles aux allumages intempestifs, elles possèdent en réalité une durée de vie limitée, surtout lorsqu'on choisit ses ampoules dans les premiers prix. " Elles peuvent afficher un bon rendement au départ, mais pas pendant les milliers d'heures annoncées, avec un noircissement rapide autour des électrodes et une émission d'UV-A sans doute plus importante ", rappelle Laurent Le Guyader, dans un document intitulé " Choisir une lampe fluocompacte", écrit en 2000 d'après une synthèse des tests de lampes fluocompactes effectués par l'UFC et l'INC et Testé Pour Vous. ( www.enertech.fr ).

" Les composants électroniques utilisés pour le ballast sont de moins bonne qualité et moins nombreux. En particulier, il manque souvent la résistance à coefficient de température positif qui permet un meilleur fonctionnement en allumages répétés et une meilleure tenue en température élevée. (...) In vaut mieux éviter de conseiller ces lampes aux habitants d logements dont l'installation électrique n'est pas très fiable. L'appel de courant au démarrage peut achever de dégrader un interrupteur ou fatiguer un fil fusible dans un porte-fusible du type tabatière ", souligne ce spécialiste.

 

Par Pryska Ducoeurjoly

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