En plus de contenir du mercure, ces ampoules à économie d'énergie émettent aussi des ultrasons et des UV. Mieux vaut passer directement aux "LEDs".
Le Grenelle de l'environnement a parlé. En 2012, les ampoules à incandescence, trop gourmandes en énergie, auront disparu du marché et seront remplacées par les LFC, les lampes fluocompactes. Une idée finalement pas si lumineuse. Explications.
À la lenteur à l'allumage, la présence de mercure à faible dose (attention à la casse) et une pollution électromagnétique non négligeable, s'ajoutent de nouveaux effets perturbants attribuables aux ultrasons et aux UV. Si elles n'étaient pas équipés d'un appareillage spécifique, ces ampoules fonctionnant sur le modèle du néon devraient émettre le bruit caractéristique des tubes lumineux. " Pour ne pas avoir de vibrations auditives gênantes dues aux 50 Hertz, les fabricants ont créé un générateur électronique sur des fréquences qui vont de 18 kHz à plus de 55 kHz selon les modèles. Nous sommes dans la gamme des ultrasons ", assure Roland Wehrlen, électronicien, expert indépendant en pollution électromagnétique. " L'oreille humaine n'entend pas ces sons, donc personne ne s'en inquiète. Mais il faut savoir qu'à courte distance, il y a cavitation au niveau cellulaire, donc risque sanitaire. Les mesures effectuées avec un décibel/mètre affichent 80dB à un centimètre, 70dB à 10 cm, 60dB à 20 cm. Au delà, cela diminue régulièrement, mais par sécurité, il est conseillé de se tenir à au moins 1,5 mètre de ces ampoules."
RADIOFRÉQUENCES. Cette distance de sécurité, qui rend impropres les LFC en tant que lampe de bureau, de chevet, ou pour les travaux de précision, est similaire lorsqu'on prend en compte le contrôle des champs électromagnétiques. La journaliste Annie Lobé, auteure de " La fée électricité : fée ou sorcière ?", à testé ces ampoules avec un gaussmètre ( vidéo disponible sur internet ( www.santepublique-editions.fr/basseconso.html ). Alors qu'une ampoule classique n'émet pas de champ, une fluocompacte atteint 25 milligauss. Le constat s'élève parfois jusqu'à 150 mG. Or ces champs électromagnétiques ont été classés comme potentiellement cancérigènes par l'OMS et l'Agence internationale de recherche contre le cancer. Annie Lobé fait également état d'émission de radiofréquences, jusqu'à 200 V/m, alors que la norme est de 27 V/m.
ÉMETTEURS PARASITES. Alerté par les porteurs de pacemaker ayant subi des interférences électromagnétiques à proximité de ces ampoules, Pierre le Ruz, directeur scientifique du centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques ( Criirem ), pointe ces nuisances : " Le problème se pose surtout à courte distance et à l'allumage où l'on enregistre un pic ". Dès 2002, l'Ineris ( Institut national de l'environnement industriel et des risques ) a par ailleurs livré un rapport sur l'exposition électromagnétique au ministère de l'environnement. Il ressort que ces ampoules peuvent être des émetteurs parasites capables de perturber les mesures des antennes-relais de téléphonie mobile !
LÉSIONS OCULAIRES. De son côté, l'association Next-up ( www.next-up.org ) pointe les risques de l'exposition aux LFC chez les jeunes : " La dégénérescence maculaire DMLA ( lié à l'âge ) est en train de devenir une épidémie depuis la généralisation de l'éclairage fluorescent, les enfants en sont les premiers impactés (...). Les lampes dites fluorescentes émettent leur pic le plus intense d'énergie à une longueur d'onde de 438,8 nanomètres, ce qui correspond exactement au maximum de dangerosité pour les lésions oculaires de la rétine ".
EXPOSITION AUX UV. Un autre risque moins connu a été récemment souligné par le Comité scientifique européen chargé d l'étude des risques sanitaires émergents ( Scenihr ) : les ultraviolets. " Certain types d'ampoules économes en énergie pourraient accroître les symptômes des personnes souffrant de maladies dermatologiques spécifiques ", d'après la direction générale de la santé de la Commission européenne. La dermatite actinique chronique ou l'urticaire solaire pourraient ainsi être aggravées : " Dans le cas extrême d'une exposition prolongée à une distance inférieure à 20 cm de certaine LFC à enveloppe simple, l'exposition aux UV serait porche des limites professionnelles actuelles visant à protéger les travailleurs des dommages sur la peau et la rétine ". 250.000 personnes ( 0,05% de la population européenne ) seraient concernées. Le comité a proposé l'utilisation de LFC à double enveloppe ou une technologie similaire pouvant réduire fortement, voire supprimer ces risques. Un appareillage supplémentaire à prévoir pour les fabricants.
DURÉE DE VIE LIMITÉE. " Plus il y a de composants, plus les risques de panne sont importants, rappelle Roland Wehrlen. Ces lampes fonctionnent comme les tubes fluorescents, mais elles ont en plus un générateur spécial, un transformateur, des transistors, des diodes, des résistances ainsi que des condensateurs et des selfs, soit environ 25 à 30 composants selon les marques." Sensibles aux allumages intempestifs, elles possèdent en réalité une durée de vie limitée, surtout lorsqu'on choisit ses ampoules dans les premiers prix. " Elles peuvent afficher un bon rendement au départ, mais pas pendant les milliers d'heures annoncées, avec un noircissement rapide autour des électrodes et une émission d'UV-A sans doute plus importante ", rappelle Laurent Le Guyader, dans un document intitulé " Choisir une lampe fluocompacte", écrit en 2000 d'après une synthèse des tests de lampes fluocompactes effectués par l'UFC et l'INC et Testé Pour Vous. ( www.enertech.fr ).
" Les composants électroniques utilisés pour le ballast sont de moins bonne qualité et moins nombreux. En particulier, il manque souvent la résistance à coefficient de température positif qui permet un meilleur fonctionnement en allumages répétés et une meilleure tenue en température élevée. (...) In vaut mieux éviter de conseiller ces lampes aux habitants d logements dont l'installation électrique n'est pas très fiable. L'appel de courant au démarrage peut achever de dégrader un interrupteur ou fatiguer un fil fusible dans un porte-fusible du type tabatière ", souligne ce spécialiste.
Par Pryska Ducoeurjoly
| Février 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
|
||||||||||